Esprit confus, événement tangible, la nuit t’absorbe parfois et te fait partager son existence. Tu n’as pourtant rien à faire, juste à tripoter ton ordinateur, à glander, surfer sur le net qui ne s’actualise plus, sens tes paupières rougir face à l’écran cinglant de ton PC. Et pourtant tu ne dors pas, tu ne dors plus, tu as appris à faire sans. Même les moutons ne sautent plus la barrière, trop éreintés de s'exercer dans le vent, persuadés que, de toute façon, ta rétine ne trouvera pas le repos. Eternel certainement. Mais pas pour le moment. Alors tu attends : venue du petit matin, du premier métro, ouverture du premier bar, tu prendras ton minable temps, attendant patiemment l’heure des cours, café à la main, clope au bec, yeux rivés sur Moby Dick, ton livre de chevet du moment.
Une nuit d’insomnie, c’est une nuit sans rêve, un jour attendu, un monde qui sommeille pour enfin temporiser, bouger et se stresser dans quelques heures. Une nuit d’insomnie, c’est une vie sans âme, surtout lorsque tu restes cloîtré sur ton lap, scrutant la moindre onde de vie sur Facebook. Une nuit d’insomnie, c’est une nuit d’attente. L’attente du jour, l’attente d’une nouvelle journée de calvaire.
Une nuit d’insomnie au pays des songes, une de plus, sans rêve, sans ambition, plume à la main, je croque le marmot, persuadé qu’un éclair, une larme de lumière apparaîtra dans mon néant. Cri intérieur, calme d’apparence, j’espère que la rêverie me rejoindra à nouveau. Certainement pas aujourd'hui. Une nuit d’attente…

1 commentaire:
Joli! Presque poétique cette fois ma petite ogive!
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