jeudi 20 décembre 2007

Le Queen ou la boîte orgiaque

Sortir au Queen, boîte censément branchée de Paris, n’est jamais une bonne idée. Mais bon, cette fois, pas le choix. On devait chopper ou se la coller, telle était la règle. Pis, après tout, j’y avais déjà fait un tour il y a de cela deux ans. Je ne me souvenais de rien si ce n’est que j’étais reparti en rampant tel le lézard de la Despé. Ingurgité.

Cette fois, pas de doute, la soirée s’annonçait sous les meilleurs hospices. Videurs sympathiques au QI toujours aussi assermenté, gueules de matons enthousiastes, nombres d’expressions faciales, une (après tout, on ne leur demande que de jouer les durs). Bref, tout se passe bien jusque là.

Pour les vestiaires, même topo. Ni bonjour, ni au revoir, on vous donne simplement un chiffre accompagné d’un ticket. Un sac, un manteau, allez hop, 14€ dans tes petites dents d’étudiant. Tu regardes sur le dancefloor pour voir si ça bouge, s’il y a de la fille ce soir. Vide à minuit. Ok, tu ne t’inquiètes pas, ça va venir.

Objectif, brancher

En attendant, tu te mets à boire. Fais de nouveau cracher le porte-monnaie, la règle d’or est de ressortir comme un champ de blé en été, fauché. De toute manière, pas le choix vu la gueule des verres. Prends un whisky pur, on te met une dose de sirop, une larmichette de fond de verre. Prends une vodka pomme, tu auras l’impression de taper ton jus de fruit au p’tit déj. De mieux en mieux.

Les étudiants ont fait leur entrée, pas trop tôt. Tu tâtes le terrain, regarde à gauche, à droite comme pour les passages pour piétons, sauf que cette fois, tu n’attends pas une voiture mais la fille. Tant mieux, ce soir, il y en cinq à attaquer. Histoire de te faire remarquer, tu te mets en exergue sur le podium. Objectif atteint puisqu’un gogo-dancer, 124 kilos de muscles et un corps capable de te transformer en crevette te pousse à terre. Tu t’en fous, continues de tiser et prospectes.

Bravo, tu as beau discuter avec les unes et les autres, elles se font toutes brancher par des minots et, pire que tout, roulent des pelles à gogo. En discutant avec une pote sur la profondeur de Kant dans le quartier VIP, tu captes l’étendue des dégâts. Orgie totale. Dans un coin, une face d’ange se fait lécher le sein par le Diable, en face une croupe se fait délicatement caresser, au fond deux amants jouent à celui qui mangera le plus la bouche de l’autre. Ta pote se casse, tu te sens un peu seul.

L’attente, l’horreur

Plus moyen de danser puisque le dj a décidé d’occulter Modeselektor, Gui Boratto ou autres génies de l’électro internationale. Guetta, Solveig font vomir les enceintes de leurs tubes de dentifrice. Ça se finit vite mais ça se remplace à chaque fois, se joue en boucle. Bienvenue dans le consumérisme.

Tu te rapproches de l’heure fatidique, celle du bienfaiteur premier métro. Tu attends longuement avec un pote, quant à lui abusé de ne pas avoir trouvé des drogues à son goût. Blase totale. Au bout d’un quart d’heure, le transport fait son entrée sur le quai. A l’intérieur, des Espagnoles claquent des mains et chantent. Tu te fous de ces filles enivrées. Et pourtant… l’une d’elles se lève, te mate droit dans les yeux, regard de taureau au croisement d’un feu rouge. Cette dernière t’engueule, dit qu’elle te comprend, qu'il faudrait s'abstenir de se foutre de sa tronche d'albinos. In compréhension et face innocente t'envahissent.

Elles sortent avant vous, une station plus haut. Tu les regardes et, en guise de "bonne nuit", tu te prends de jolis doigts d’honneur. Charmant. Le lendemain, AF, un autre compagnon de soirée te raconte que, dans le même temps, il tombait une petite dans le taxi de son retour de discothèque. Tu tires la gueule, ta journée est déjà foutue.

Et dire que l’un des sketchs "cultes" de Bigarre se nomme "le lâché de salopes". A croire qu’il n’est pas sorti en boîte depuis 1968. A moins que ça se passe autrement dans sa Champagne-Ardenne natale. Idée à retenir ? Pis quoi encore !!!

mardi 18 décembre 2007

Metro parisien, c’est racaille

Et dire que je ne tenais pas à reparler du métro de si tôt. Trop lugubre, trop moribond, loin d’être fun, pas assez corporate comme on dit dans ce bon vieil institut de la communication. Et pourtant, sur deux jours, deux événements majeurs sont intervenus. Laissez tomber les attentats à Saint Michel dans les 90’s. Non, ce que je vais conter concerne le monde de tous les jours.

On ne vous oubliera jamaaaaiiiss

A la place de me taper un éternel refrain de "Ma Vie en Rose" chanté par une morue de 53 ballets et qui, à mon humble avis, se tape une vie morose, nous avons eu le droit à un individu de tout autre acabit. Au programme,mix de “adieu Monsieur le Professeur” et d’un vieux tube de Corona (nous revoilà donc en époque dance music) par le sosie de Richard Gotainer, la classe en moins.

Même s’il n’a pas eu l’effet escompté et ne passera donc pas à l’Olympia le mois prochain, cet homme saoul a redonné le sourire, le rire aux "monsters du subway". Pas grand chose mais toujours ça. On s’en contentera et lui sortira avec quelques euros en poche. Quand je vous disais que chacun avait le droit à son quart d'heure américain...

Les interdictions, on en parlait la semaine dernière

En allant aujourd’hui dans ma fameuse école prêchant la communication, je me pose dans le dernier compartiment à Pigalle. Une place où s’asseoir, voilà ce que je cherche. Bingo. Seul un jeune homme se trouve dans ma partie. Je me pose, le scrute : un petit con capable d’aller au Paris Paris, crête de coq en guise de coupe de cheveux, air renfermé et désinvolte d’adolescent boutonneux. Bref, pas méchant.

Par contre, en fixant droit devant ce joli mur taggé qui se tient devant moi, je me rends vite compte que des volutes de fumée apparaissent. Le petit crapote dans le tro-mé. Mais où est l’interdiction? Etant moi-même un sosie de Gainsbarre (au sens figuré, on l'aura compris), je le laisse faire et permets aux autres personnes dites lambda de s’interposer. Non, rien, je sors tranquillement. Lui, aura taper sa clope jusqu’au bout, l’air de rien. Mention Bien tout de même puisqu'il aura jeté son mégot station Trinité.

Conclusion : bienvenue dans la société où anarchie et démocratie se mélangent tellement qu’il n’y a plus de différence. Dans le métro, la loi, c’est nous, les règles, quant à elles, n’existent plus. La prochaine fois, je n’hésiterai pas à créer mon wago disco. Bah quoi ???

samedi 15 décembre 2007

Gabbana, basta la dolce vita

Quand on dit que tout individu travaillant dans une jolie agence publicitaire se fait sucer le sang par son client vampirique, on n’est pas loin de la vérité. Mais lorsque le consommateur se met à cracher, conspirer et la ramener sur une pub, on touche le fond, sûr de voir son œuvre passer à l’état zombiesque, mort sur les différents médias, vivant sur la toile.

L’une des plus grosses marques de prêt-à-porter de luxe s’est ainsi fait remonter les bretelles, et ce pour deux concepts divergents. Quand Dolce&Gabbana se casse la gueule, ça fait toujours plaisir. Mais lorsque le projet tient la route, y’a quand même de quoi se poser quelques questions.

(mmm, la coquine !!!)

Tv, jetez les valeurs sociétales qui construisent le monde d’aujourd’hui

Dans son nouveau spot, La célèbre marque met en scène deux couples. Jugé comme non choquante, la pub change pourtant de gueule en après-midi, représentant une paire…d'hétérosexuels. Encore une bonne blague des associations de chiards aigris prêts à tout pour enfin se mettre en avant et trouver leur quart d’heure américain. Le monde était pourtant censé avoir grandi, s’être ouvert. Il faut croire que l’homosexualité provoque toujours autant de dysenterie chez les rétrogrades. Un Smecta pour faire enfin passer la pilule ?

Affichage, envoyez valdinguer le porno chic

"Passé de mode, dégoûtant, répugnant, représentatif de la femme objet, pas assez fun, glam’ pour pas un sou, plus dans le moove, has-been comme ils disaient dans le temps". Les personnes n’adhérant pas à la dernière affiche D&G ont en tout cas invectivé la marque au détour d’une conversation fascinante sur un jap’ spécialisé en makis goût mandarine et concombre, tu t’rends cooommmptes (si, si, c’est du vécu, ) ? Avec une femme plaquée au sol par un homme torse nu lui tenant les poignets, la scène étant regardée froidement par quatre autres mâles, la marque s’est encore mis à dos toute la sphère politique italienne et espagnole. Résultat, allez hop, on éradique.

Au final, des millions ont été perdu lors de ces deux campagnes. Même si l’énorme bateau qu’est D&G s’est apparenté au Titanic sur ces deux derniers échecs, il ne faut pas oublier que la marque est loin d’être coulée. Alors que Dolce et Gabbana se sentait influencé par Armani, Chanel, Gauthier ou Alïa, il semble cependant que les bijoux frics et chics vont devoir changer de sauce dans leurs pâtes. Prochaine advert dans l’esprit BHL et De Fontenay ?